De 1972 à 1985.
La vie continue à s'égrener
doucement. Rémi est toujours sur Paris
mais sa région d'origine lui manque. Le stress de la vie parisienne lui pèse de
plus en plus. Il pense à revenir sur la côte. Pour ça il lui faut trouver un
autre emploi qui lui permette d'entretenir sa famille. Son fils aîné va sur ses
14 ans. Il craint de le voir se laisser influencer par les bandes des cités. Il
tourne le pour et le contre dans sa tête depuis quelques mois déjà quand il
tombe sur l'horoscope de Madame Soleil, qui lui affirme que l'année à venir
(1972) sera l'année de grands changements.
Ses craintes s'envolent. C'est décidé, il faut retourner vers
NICE. Il lui suffisait surement d'un
petit coup de pouce qu'il a cru trouver dans la lecture des prédictions de Mme
Soleil.
Il commence d'abord par chercher
une place dans une entreprise ou il exercerait des fonctions similaires. Ce fut
fait assez rapidement. Il est engagé pour début août à Carros.
Maintenant il faut vendre
l'appartement pour pouvoir acheter autre chose sur la côte. L'appartement sera vendu en un mois au prix
souhaité. Les déménageurs n'ont pas encore enlevé tous les meubles que les
nouveaux propriétaires sont déjà là avec les leurs.
Début juillet toute la famille
arrive et s'installe à Simple Abri dans l'appartement du premier étage. C'est
exigu mais c'est les vacances, des
vacances de deux mois. Rémi occupe la
majeure partie de son temps à la recherche d'un appartement car il faut penser
à s'installer.
Il trouve finalement à cagnes sur
mer, un immeuble en construction dans lequel il reste un appartement plus grand
que celui de Paris. Sa fille aura sa chambre, les deux garçons partageront le
seconde, et Rémi et Michelle la leur.
Il faut donc inscrire les enfants
dans les établissements de cagnes. La rentrée se fera alors que l'appartement
n'étant pas fini, ils continuent de vivre à Simple abri. Tous les matins Michelle
assure le transport scolaire. Elle doit traverser NICE d'est en ouest, anticiper les embouteillages, pour déposer les
trois enfants dans chacun de leu établissement scolaire, et revenir en sens inverse,
puis le soir refaire le trajet pour aller chercher tous le monde.
Les
travaux n'avancent pas rapidement. Simple Abri n'est pas équipé pour l'hiver,
pas isolé. Il fait froid le jour, la nuit, et la toilette sans chauffage, sans
une grande quantité d'eau chaude est difficile.
Noel arrive et
l'appartement de Cagnes n'est toujours pas habitable.
A la rentrée de janvier 1973, les voyages
reprennent entre Simple Abri et Cagnes. L'appartement dispose maintenant de
l'eau courante, les sanitaires et la cuisine sont terminés. Manque le carrelage
dans les autres pièces et l'électricité. Tant pis.
L'emménagement
a lieu fin janvier. La famille fait du
camping dans son propre appartement. Lorsque les carreleurs arrivent, les
meubles sont déplacés. Mais enfin chez soi.
Désormais les
voyages se font dans l'autre sens, le vendredi soir jusqu'au lundi matin, et
tous les ponts, les congés, les jours fériés…
En 1982, Andréa alors âgé de 82 ans décide d'organiser
sa succession. Elle donne le premier étage à Rémy, et le rez-de-chaussée à
Michel, selon le vœu de chacun.
Rémy, qui se souvient bien de l'exiguïté des lieux
fait alors agrandir le séjour en fermant la moitié de la terrasse et en créant
une cuisine dans la surélévation de la couverture un porche sur l'entrée du
rez-de-chaussée. L'appartement gagne une
quinzaine de m².
Les travaux
sont confiés à François qui a ouvert une entreprise de maçonnerie dans la villa
les Rosiers. Il a agrandie le bâtiment
en y créant un petit local à l'arrière, pour y faire travailler une secrétaire,
et un comptable. Il emploie son père comme maçon, lequel construira l'extension
de la villa Simple Abri.
La maison est
maintenant plus souvent ouverte, ce qui ne fait pas l'affaire de François. En
bon italien, il parle beaucoup, charme beaucoup. Il convainc Rémy que le chemin
est communal, que tout le monde peut l'emprunter et y stationner. Fort de cette
analyse, il installe un portail qui relie la villa les Rosiers au chemin.
Un jour le
portail installé par André, cède sous les maltraitances de François. Rémy, bon
bricoleur, en fabrique un autre en bois. Il le pose, le peint, et demande qu'il
soit maintenu fermé.
François, qui
n'approuve pas, commence à discuter avec les autres riverains du chemin et leur
fait comprendre que ce chemin doit aussi desservir leur propriété, qu'ils ont
des droits, que nous ces droits doivent être respectés.
L'une des
propriétés vient de changer de propriétaire. La dame qui était devenue
propriétaire en 1954 vient de décéder en
léguant la maison à son jardinier, un italien immigré en France parce qu'il
avait fuit le système Mussolini, marié avec une pauvre fille mère, dont il a
reconnu l'enfant et qu'il épouse en 1942 enceinte de son second enfant.
Dès que la
pauvre dame a rendu son dernier souffle, l'italien Ernesto, s'empresse de venir
vivre dans la villa Maria.
Son fils,
s'installe dans l'ancien appartement d'Ernesto. N'ayant pas de garage, il vient
régulièrement stationner dans le chemin. Ni son père, ni sa père n'ont de
voiture, ils n'ont pas le permis. Mais pourtant, au bout de quelques années il
ouvre aussi un accès dans le chemin sous forme de portes de bois aboutissant à
un garage qu'il édifie au fond de sa propriété et contre celle de François.
Ni une ni
deux, François construit un cabanon, profitant du mur édifié par Ernesto.
En 1980, c'est
bien établi, le chemin sert d'accès aux propriétés riveraines.
A ce moment
là, la troisième propriété qui n'est occupé par ses filles que l'été depuis la
mort du propriétaire, change aussi de mains. La dame, du même âge qu'Andréa,
donne la maison en indivision à ses deux filles.
L'une de vient
jamais, l'autre vient seulement en août. Elle habite un pays d'Afrique du nord,
et désormais stationne aussi dans le chemin.
Rémy, que les
conflits paralysent, ne sait pas et toujours sous la coupe de sa mère, ne
réagit pas. Michel ne vient jamais et se désintéresse de la propriété.
Les enfants de
Rémy sont devenus majeurs. Ils viennent avec leur véhicule. Rémy compte sur
cette occupation du terrain pour que l'habitude soit prise et que les voisins
cessent de stationner. Mais les enfants ne vivent pas là, et Rémy non plus.
Donc le reste
de la semaine, les autres sont maîtres des lieux.
En 1983, le
fils aîné de Rémy se marie dans la commune. La réception du mariage a lieu à
Simple Abri. L'année d'après un petit
garçon naît. Andréa est arrière grand-mère. Le baptême aura lieu à l'église du
village au printemps suivant. Ceux sont ses derniers instants de joie, Andréa
s'éteint en novembre.
Une page va se tourner.
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