Chapitre VII: LES AUTRES VOISINS DE 1991 à 1998.
1/ la villa WANDA.
De part et
d'autre du chemin existent deux
propriétés. A l'est se trouve la villa "Wanda", anciennement Villa
Jacqueline du nom du premier enfant de son premier propriétaire.
C'est l'architecte, géomètre qui acheta en 1929 du lotisseur un morceau du lot 13 du
lotissement qu'il avait lui-même divisé en sa qualité de géomètre, pour y
construire une belle villa sur deux
niveaux, avec le confort moderne. Il
établie au rez-de-chaussée un espace de travail avec une grande pièce pour le
dessin, son bureau et des toilettes, le tout ayant une porte entrée indépendante. Toujours au
rez-de-chaussée, une autre porte d'entrée donne sur un escalier qui relie la
partie habitation au premier étage et les pièces du reste du rez-de-chaussée
donnant sur le jardin qu'il aménage en
cuisine et salle à manger
Au
premier étage se situe l'habitation principale avec son escalier d'accès
extérieur, et sa porte d'entrée. C'est la que vit principalement ce géomètre,
la cuisine et la salle du bas ne servant que lorsque les beaux jours arrivent.
En
1932, il achète l'autre partie du lot 13 qu'il avait divisé en 1929, reformant
quasiment à l'identique le lot 13 initial, à l'exception de l'emprise du chemin
sur les lots 13 et 13 bis (d'une largeur de 4 mètres environ tout le
long du coté ouest de ces lots) qu'il
crée à l'occasion de cette division pour desservir les lots 13 bis, 17 bis, 14
bis et 16 bis, enclavés du fait de la division.
Sa
propriété a une superficie d'environ 600 m² , et une espace de jardin sur tout le lot
13 bis, alors que tout lot de lotissement est un terrain à bâtir par essence
même. L'accès à ce lot se fait par le
lot 13 auquel il est contigu.
Le lotisseur est mort depuis 1932 et ses héritiers ne souhaitent pas
continuer son œuvre en France. Ils sont américains, riches, vivant des
dividendes de la société de machine à coudre SINGER, et entendent se
débarrasser des propriétés françaises, à l'exception d'une seule, celle
qu'occupait leur père à coté du port.
Le
lot 14 bis, seul encore propriété de la société du lotisseur, est vendu le 2
février 1938 au géomètre, qui possède alors trois lots les uns derrière les
autres.
Il
met le tout en vente en 1939 car il est parti s'établir dans le Vaucluse.
C'est
ainsi que le 9 novembre 1939 le lot 14 bis, celui le plus éloigné des routes,
est vendu à André et Andréa.
Le
reste de la propriété, la villa Jacqueline et le jardin ( lot 13 bis) est mise en location de 1939 à 1954.
Plusieurs familles défilent dans cette maison dont une couturière qui installe
son atelier au rez-de-chaussée.
Les
années passent et en juillet 1954 la
maison est finalement vendue à un couple de personnes d'une cinquantaine
d'années ayant deux filles dont l'une est déjà mariée et attend son troisième
enfant.
L'autre
à 19 ans et fait des études d'anglais.
Le mari est comptable et l'épouse
ne travaille pas. Ils viennent un peu
l'été, un peu à Pâques mais pas l'hiver. La maison est fermée durant de longs mois.
Après l'acquisition ils
ont changé le nom de la villa en Villa WANDA.
Les
années passent, le mari décède en 1974, la maman fait donation en 1980. Les
filles sont propriétaires mais l'ainée ne s'y plait pas, trouvant pas d'activité
suffisante dans le village, l'autre s'étant mariée dans un pays du nord de
l'Afrique ou elle y vit, ne vient dans la maison de la cote d'azur que
quelques jours en fin juillet avant de partir prendre des vacances en Bretagne.
En
1990, les pays du nord de l'Afrique subissent une nouvelle vague xénophobe qui
poussent la seconde fille à quitter le pays de son mari avec famille et bagages sous peine de se voir égorgés, au motif de mariage mixte, de religion, d'anti-européanisation, misogynie....
Et
voilà donc que Josiane débarque du bateau. L'heure de la retraite a sonné pour
elle qui travaillait pour entreprise française à l'étranger. Mais son mari, Noureddine, qui avait une activité d'avocat, ne va pas percevoir la retraite à
laquelle il aurait pu prétendre dans son pays puisqu'il n'y vit plus. Il faut
donc qu'il s'installe de nouveau en France, car il ne peut concevoir de vivre
au crochet de son épouse. Elle étant de nationalité Française, il obtient de
droit celle-ci et ouvre un cabinet avec un confrère de là-bas lui aussi exilé.
Au
début ils vivent à Nice dans l'appartement de la maman, encore en vie. Mais
rapidement son état se dégrade et il faut la placer en maison. La solution du
financement de cette maison sera de vendre l'appartement de Nice et de venir
vivre au village dans la villa Wanda.
A
partir de ce jour, encouragés par François ils vont se garer quotidiennement
dans le chemin, n'en refermant pas le portail, et y faire venir leurs visiteurs
et locataires car depuis une vingtaine d'année la villa est louée durant tous
l'été.
Les
deux filles n'ont pas d'argent ou le gaspillent et ne peuvent subvenir aux
réparations essentielles de la maison. La location saisonnière a permis de
provisionner les taxes foncières et d'habitation et les charges fixes.
Mais
en venant y habiter cet équilibre est rompu. Ne pouvant plus demander à sa sœur
qui la laisse occuper la maison sans verser de loyer, Josiane doit subvenir toute
seule à ces charges.
Elle
a quand même recours à la location de
vacances au mois d'août pour se faire un peu d'argent pendant qu'elle-même part
en vacances 15 jours et passe les 15 autres chez sa sœur à Nice.
La
même famille parisienne vient occuper la villa Wanda durant environ 20 ans. Les
enfants, petits enfants succèdent aux grands-parents. Ils venaient d'abord en
train puis sont venus avec une voiture, puis deux, puis trois… Le chemin a été
envahi de leur stationnement durant le mois d'août.
En
1995 la mère de Josiane décède et le jardin cesse d'être entretenu.
Les
arbres et haies de clôtures ne sont plus taillés, dépassent de manière éhontée
sur le chemin, l'amputant d'un mètre de large.
Mais
cependant l'espace de leur stationnement quotidien est taillé régulièrement
pour pouvoir y rentrer. Noureddine qui prend la voiture tous les matins vient
faire demi-tour au bout du chemin pour pouvoir se garer dans le sens du départ
et surtout ouvrir sa porte de voiture dans un espace libre de branchage.
Il
y a une sorte d'accord tacite entre François, Josette et Noureddine. Chacun a
un emplacement de stationnement défini dans le chemin, duquel est exclu Remi.
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