De 1992 à 1998.
L'araignée tisse toujours sa toile dans les propriétés voisines.
François et le locataire du hangar, au travers d'une société civile
immobilière, ont racheté la
villa les rosiers. Ils ont l'intention de rénover la maison, d'en faire une
propriété de grand confort dans laquelle l'un installera sa fille et François,
ses parents, lui même et pourquoi pas son fils plus tard.
Des projets sont à l'étude. Séparer la propriété en deux, d'un
côté le hangar, de l'autre la partie habitation, ainsi chacun serait
propriétaire de son sol, et indépendant. Mais après réflexion, en coupant la
propriété en deux, c'est aussi diviser les droits de construction par deux. Et
la, plus rien ne va plus. Le locataire du hangar n'est pas d'accord car
sa partie de propriété serait toute petite, et en conséquence ne serait
porteuse que de peu de droit à construire. Il refuse, bien sur, cette
option.
Il est donc étudier la possibilité d'extension de la villa Les
Rosiers sous forme de copropriété. Chacun veut pouvoir disposer d'appartements
à son profit.
Chacun des deux associés souhaite conserver les parties de
l'immeuble qu'il occupe déjà, François l'appartement en duplex du rez-de-chaussée
sud, la totalité du jardin et les petits cabanons, l'autre, le hangar et
l'appartement du premier étage, sur le hangar.
Il est alors prévu, par souci d'indépendance que chacun des lots
aurait une entrée indépendante, comme autrefois.
Pour des questions de sécurité, l'appartement au dessus du hangar
aura son entrée par une seconde rue que la propriété borde, au niveau de
laquelle il est en rez-de-chaussée. On crée de toute pièce une rampe d'accès
carrossable desservant trois parkings, car pour arriver à une égalité en m²
pour chacun des associés, derrière le hangar, en rez-de-jardin est crée un
studio. On y accède à pied par un escalier qui prend naissance au niveau de
l'accès carrossable, et un des parkings lui est réservé.
Coté sud ouest la propriété est bordée par un canal d'écoulement
des eaux de pluie. Des fenêtres sont cependant prévues sur cette façade, en
dessous de la rampe d'accès.
Coté sud, on conserve et agrandie l'accès au hangar. Il reste
encore quatre mètres vingt centimètres bordant la rue pour le lot de François
donnant sur l'appartement qu'occupent ses parents, l'appartement en duplex, le
jardin, et le bureau dans lequel il exploite sa société de maçonnerie.
Il décide que ses parents n'ont pas besoin d'avoir un duplex.
L'appartement est donc réduit à deux pièces, une salle à manger dans laquelle
il y aura une cuisine américaine, une chambre et une salle de bain. Il conserve
la montée d'escalier pour desservir un appartement au premier étage de trois
pièces, et pour donner une entrée à l'appartement A la place du bureau, en
agrandissant un peu, pour il arrive a créer un autre appartement de trois
pièces en enfilade.
Et comme l'appât du gain est le plus fort, les deux associés
décident de rajouter un niveau au bâtiment, la superficie du terrain et le plan
d'occupation des sols permettant encore la construction de m².
Le dernier appartement va occuper tout le dernier étage. Il va
avoir une superficie de 160
m² . Il est évident que c'est le plus des appartements,
avec vue sur mer, fenêtres ensoleillée, terrasses et balcons, deux salles
bains...
Mais la grenouille avait les yeux plus gros que le ventre. A
vouloir du luxe, les fonds pour entreprendre les travaux se sont vite épuisés.
Il faut donc rapidement trouver une solution.
Il est donc décidé de vendre le dernier étage, de manière à avoir
un apport pour finir l'aménagement des petits appartements.
La transaction a lieu avec un italien, à la retraite ayant
beaucoup de moyens, qui se prend pour un jeune beau. Il a renvoyé son épouse
légitime vivre en Italie et s'est trouvé une jeune femme de moins de trente ans
pour décorer et ensuite vivre dans cet appartement.
Rapidement la folie des grandeurs surpasse toute imagination. On
dédie une salle pour le fitness, une autre pour le jacusi. On fait une véranda
sur une terrasse....
Mais le permis doit être modifié car un immeuble collectif doit
avoir autant de place de stationnement que pour 80 m² habitable contenu dans
l'immeuble. La superficie est telle qu'il est nécessaire de créer 11 parkings.
Huit parkings sont prévus dans le hangar, sur le permis, pour
permettre son obtention. Mais il est bien évident que ces parkings ne pourront
être utilisés éventuellement que lorsque l'associé de François y aura cessé son
activité professionnelle.
Donc en attendant la retraite de cet associé, les parkings
n'existent pas.
Pourtant ce hangar est déclaré comme partie commune à vocation de
garage de la copropriété.
Trois autres parkings sont prévus au niveau du premier étage, rez-de-chaussée.
Tous les parkings sont à l'intérieur des bâtiments et répondent à
l'obligation des services de l'équipement.
Mais François décide de créer six parkings dans son jardin, de
manière à libérer le hangar, et surtout ne pas devoir payer de loyer ultérieur
à son associé.
Et pour desservir ces parkings il crée un accès qui débouche dans
notre propriété sur le chemin. Et le permis est autorisé ainsi, sans
avoir à justifier d'une quelconque autorisation des propriétaires!
Auparavant, si le père de François utilisait ce chemin, rien
n'avait été matérialisé. Là, en établissant l'accès à sa propriété,
François espère créer une servitude de fait qui ne sera plus contestable. Plus
tard, il dira même qu'il croyait que le chemin appartenait à la commune.
L'araignée a fini
de tisser sa toile, le piège est tendu.

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